Zoom sur les Soldats de terre cuite (Xi’an)

 

davUn site aussi exceptionnel méritait un petit zoom, même si la visite remonte maintenant à quelques semaines..
On entend beaucoup parler de la Grande Muraille de Chine, construite sous le Premier empereur Qin Shi Huan (dynastie Qin : -200 avant JC).
Mais en Chine, tout le monde connait aussi l’armée des soldats enterrés, construit sous … le Premier empereur Qin Shi Huan.
Elle suscite une fascination en soi, et un sentiment de fierté national extrême dans le coeur des chinois.

Qin Shi Huan est l’empereur ayant apporté les plus grosses contributions à la Chine. Ce fut le premier empereur à avoir réunifié le pays, après de nombreuses guerres entre royaumes (l’Histoire de la Chine a 4000 ans, elle avait donc débuté bien avant ce premier empereur), à avoir unifié la monnaie afin de faciliter les échanges, de même la largeur des roues de véhicules afin d’homogéniser les voies routières, l’outil de mesure et l’écriture. Un si grand pays se devait d’avoir des unités universelles (un peu comme quand Mao a décidé dans les années 1950, de promulguer la langue universelle, le mandarin, basée sur le dialecte Pékinois, Pékin étant la capitale de Chine –> d’ailleurs ceci explique pourquoi les nordistes sont bien plus compréhensibles que les sudistes)
Comme la plupart des grandes figures de l’Histoire, il était aussi malheureusement connu pour quelques actes moins héroïques, cruels et mégalo. L’armée des soldats sous terre et la grande muraille en sont quelques traces : l’armée aurait été réalisée sous la crainte qu’il ne serait plus protégé dans l’au-delà. Il aura ainsi sollicité près de 700.000 personnes durant 35 années, mobilisant argent, or, bronze, entraînant entre autre famines et pauvreté dans les villages. Vouant à une mort certaine les bâtisseurs de son Mausolée, afin de préserver ses secrets jusque dans leur tombe (on dit qu’ils auraient été enterrés vivants).

Ce qui a été découvert, déterré, restauré, et ouvert aux visiteurs en 1979 n’est qu’une infime partie de ce qu’il reste (Xi’an fait partie de ces villes où on peut trouver de merveilleux joyeux rien qu’en creusant sous terre, mais où on ne peut pas forcément creuser à tout va) : on estime à 6000 le nombre de soldats, uniques en leur genre, différents dans le moindre détail, que ce soit leur rang social, ethnie, forme de visage, coiffure, expression, couleur, style…
La fascination demeure dans l’ampleur de la réalisation, l’ancienneté du travail (les matériaux les plus anciens de bronze jamais découvertes dans le monde), mais surtout dans la qualité du travail : comment imaginer qu’il y a 2000 années de notre ère, le savoir faire des humains était aussi évolué?
La Chine n’est peut être pas le pays le plus développé, le plus accueillant, le plus époustouflant (et encore il y a tant d’endroits magnifiques dont on n’a jamais entendus parler, tellement focalisés sur les villes balnéaires), mais elle remporte de nombreux trophées en termes de site historiques, témoins de la civilisation avant notre ère, ainsi qu’en termes de diversité culturelle riche de ses 56 minorités ethniques.
D’ailleurs, les passionnés de Chine sont bien souvent des passionnés d’Histoire.
On peut facilement repenser à ces chinois d’apparence si matérialistes, si attirés par le pouvoir et l’argent mais qui au fond avouent que ce qu’ils espèrent ainsi, c’est retrouver la puissance qu’ils ont eu depuis des millénaires, et se faire une place solide dans le siège international pour ne plus jamais être humiliés et pillés par qui que ce soit, garantir la sécurité de son peuple et plus tard, leur bonheur. A n’importe quel prix…

Xav’ et moi parcourons tranquillement les fosses 1, 2, 3 : des chevaux, des archers, des officiers, des chefs… Mais aussi des salles entières jonchées d’appareils dédiées à la rénovation minutieuse de chaque pièce retrouvée, tel un hôpital pour survivants.
Nous voilà face à la rencontre entre le monde moderne et l’ancien monde, tentant de comprendre, faute de pouvoir communiquer, ne serait-ce que spirituellement.
Un musée nous attend en fin de parcours, mais n’ayant eu vent de son existence, nous n’avons plus le temps et rentrons à grand regret.
Nous aurions aimé avoir plus d’explications (l’audioguide était affreux avec la musique horripilante et la voix monotone derrière), et conseillons d’être un minimum renseigné avant d’y aller à défaut de prendre un guide sur place (cela dépend de votre budget, et pour avoir un guide français, il faut réserver en avance).
A l’inverse si vous avez la possibilité d’éviter les tours organisés, peu recommandé d’après Thomas D, que j’ai invité à un congrès de quelques jours qui s’est déroulé à Xi’an.

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2 commentaires sur “Zoom sur les Soldats de terre cuite (Xi’an)

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