L’interrogatoire subi à la frontière birmane

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Ligne 02/11 du carnet de voyage « Menghai >> Daluo >> Chengzi Zhai ».

Dieu sait combien de contrôles on a du traverser pour se rendre ici, et combien de fois j’ai du descendre du car. En général, on voit apparaitre la tête de deux militaires, leur expression change quand ils voient celle de Xav’, ils se chuchotent quelque chose, et se dirigent directement vers moi : pièce d’identité? Tu es avec lui? tu parles chinois? Viens avec moi. En général, tout se passe bien, on me demande ce que je compte faire, et on me dit de ne surtout pas aller en Birmanie, c’est un régime totalitaire là-bas et les étrangers ne sont pas autorisés à passer, quelque soit ce qu’on pourra me dire arrivée là-bas.
Contre toute attente, c’est plutôt lorsqu’on revenait vers le nord que ça s’est moins bien passé.
Il faut dire qu’on avait réunis pas mal de points douteux Xav’ et moi à ce moment-là.
Le premier militaire monte pendant qu’on discute tous les deux, et au vu des passeports, rigole, il n’a jamais vu ceux-là, qu’est-ce que c’est? « Des passeports français » tous les deux ? « oui ».
Il n’a pas fallu quelques minutes pour qu’on me demande une énième fois de descendre.
Seulement j’ai affaire à son acolyte qui est assis en bas face à une planche en bois qui fait office de table. « Qu’est-ce que tu fais avec un blanc? » On voyage. « C’est ton copain? » Non, c’est juste un ami » (moment de blanc, il a du mal à avaler la pilule) « Qu’est-ce que vous venez faire ici? » Du tourisme »Tu n’es pas française toi » Si « Et pourquoi tu parles aussi bien chinois? » Petite blague qui ne passe pas. Je dis juste que mes parents sont chinois. C’est bien la première fois qu’on me reproche de bien parler le chinois, le comble. Je demande pourquoi être si strict dans cette région, c’est la dizième fois qu’on m’interroge comme ça. « C’est juste la procédure pour les étrangers, on a des documents à remplir ». Je me détends, il est juste super frigide du coup.
Mais il m’enchaine ensuite. « Vous êtes allés faire quoi? » On est allé se promener, on a entendu dire qu’on pouvait observer la fabrication du papier et les minorités du village. « Combien de temps? » Un soir « Vous avez dormi où? » Hmm c’était dans un village chez des gens. « Ca n’est pas possible. » Je vous assure qu’on a dormi chez eux, on n’avait pas envie d’aller dormir dans le site touristique, ça ne nous intéressait pas. « Chez qui? Où? » (oulala qu’est-ce qu’il lui prend à lui là… j’ai peur de leur attirer des ennuis, je lui dis que je ne sais plus qui, mais c’était dans tel village : je donne le nom du village). « Combien la nuit? » 100 avec le repas. « C’est tout??? Si peu cher?? C’est pas possible (bon il me stress là qu’on en finisse). C’était quoi, une pièce ou deux? » Une. « Un lit ou deux? » Un. « Un seul lit avec ton ami qui n’est pas ton copain?? » J’abandonne l’idée de tergiverser sur le fait que nous n’allions pas chipoter sur la séparation de la planche de bois alors que nous venions de trouver un endroit « parfait » pour passer la nuit.. Le premier militaire pour qui il ne fait pas de doute que je suis bien française, éclate de rire : ben ce sont des étrangers, ils sont ouverts là bas!
Le second ne décroche pas un sourire et me demande de faire descendre Xav’.
Je lui dis qu’il ne sait pas parler chinois, il me dit de quand même le faire descendre sur un ton autoritaire. Je fais signe à Xav’ qui nous scrute par la fenêtre d’un air inquiet, qu’il faut descendre aussi cette fois.
Le chauffeur s’impatiente et se tient prêt à nous abandonner sur la route si ça continue.
« Il sait parler chinois? » Non. Enfin, il sait dire bonjour.. (tentative de blague : échec) « Ouais, moi aussi je sais dire bonjour. »
Il nous enchaine sur le tarif qu’on a payé pour le dej du lendemain (je prie Xav de donner un prix random car je ne veux pas qu’il se demande pourquoi est-ce qu’on nous a offert le repas du midi), nous demande ce qu’on a mangé, m’engueule car je pose la question à Xav alors que je suis censée le savoir..
Jusqu’à ce qu’il marque une pause. Nous observe. Et me lâche « ton anglais est quand même très fluide ». J’abandonne l’idée saugrenue de lui préciser que c’est du français, pas de l’anglais. Paix à mon âme. Je le vois réfléchir. Il finit par nous tendre les passeports. « Bon, allez-y ».

Le zouzou croyait vraiment que j’étais une rescapée chinoise ou je n’ose imaginer autre situation farfelue… (je ne sais pas trop comment je dois le prendre..).
Mais on pousse un soupir de soulagement. Le chauffeur nous guette, pressé, on lui fait signe qu’on peut repartir. Soupir général dans le car.

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