La technologie en Chine

Il y a encore 2 ans, personne ne me regardait avec stupeur parce que je voulais payer en espèces ou en carte bleue. Mais il faut avouer que l’évolution de ce pays dépasse l’entendement, et désormais, sortir son porte-feuille est déjà perçu comme un acte hyper has been. « Surtout que tu es jeune toi. A la limite ce sont les vieux qui paient encore comme ça, et encore même nos grands parents gèrent Wechat maintenant » C’est vrai, mes grands parents utilisent Wechat, l’application à tout faire ici.
Ca se présente un peu comme whatsapp, sauf que vous pouvez tout comme Facebook poster sur votre fil d’actualité, tout comme Messenger passer des appels vocaux, vidéos ou partager votre position. Ca réunit pas mal de fonctions et bien plus encore : du coup ça s’utilise dans tous les domaines de la vie (et quand je dis tous, c’est vraiment TOUS).

Wechat possède un système de QR code qui n’est pas (encore) utilisé sur nos réseaux sociaux. A partir de ce système, vous avez conquis tout le territoire et tous ses résidents :
Dans le taxi, en boutique, à l’auberge (ou même à l’hôtel, en résidence commune), vous scannez le QR code et payez via votre portable.
Sur les lieux de tourisme, vous avez accès aux explications détaillées via ce QR code.
Au restaurant, le QR code se trouve sur la table, et comme désormais les pourboires s’installent dans les moeurs, vous pouvez également scanner le badge accroché sur le serveur afin de lui verser le montant affiché (par exemple 3yuan, prix fixé).
Dans la rue, vous cherchez des toilettes, vous scannez le QR code afin d’avoir la maps (les toilettes publiques sont tellement fréquentes qu’en général je n’ai qu’à peine besoin de me poser la question).
Toujours dans la rue, vous tombez sur une petite mamie qui fait ses brochettes à la nomade, elle vous sort son QR code plastifié de son sac au moment où il faut payer (ça c’est quand même le plus troublant). Idem pour les petits commerçants de rue comme les touctouc ou les loueurs de vélo à plusieurs.
Mais alors ce que j’ai trouvé de plus extra, c’est quand même ceci : dans la rue, vous apercevez des vélos publics, par centaines par milliers. Mais ils ne sont PAS ATTACHES ! Par aucun anti-vols que ce soit, ou quelconque dissuasion de l’esprit, ils sont tous simplement soumis à ce que vos portables auront décidé de leur sort. Vous l’aurez compris, on scanne le QR code, il se débloque, on roule, on s’arrête où on veut et on le rebloque en un clin d’oeil (ce détail est important car je ne sais pas si vous avez déjà expérimenté la recherche d’une borne libre à pas d’heure mais c’est peu agréable).
Un jour on m’a même dit : si on avait Facebook, alors Wechat ne se serait pas aussi bien développé donc ce n’est pas plus mal ! (J’ai du réfléchir un long moment à cette logique qui me semblait illogique par ailleurs)
Moi qui n’ait ni cette fonction ni celle de « Zhifu Bao » l’équivalent d’un paypal ultra développé, bah je suis bien embêtée, et il m’est arrivé de devoir demander à des gens de m’avancer car les commerçants n’avaient pas de monnaie, ou pis encore s’exposaient à des amendes s’ils daignaient échanger de la monnaie avec un client (sur les grands stands de nourriture qui sont un peu l’équivalent des fonctionnements par tickets en France : j’étais en Mongolie intérieure). Ce phénomène concerne moins les coins reculés, mais qui possèdent tout autant de technologies cachées.
Et oui, souvenez-vous, la banque ayant inversé mon nom de famille et mon prénom (en Chine on dit ZHANG Alice et la nomenclature n’est pas modifiable), ça ne colle pas avec mon passeport et autres papiers d’identité et résultat je suis doom (par ailleurs cette affaire est toujours à suivre).
Du coup quand ils me demandent comment nous on fait pour payer, je me sens comme >> ça <<

A l’hôpital, le professeur donne constamment son Wechat à ses élèves, à ses patients, à ses collègues, c’est le moyen de communiquer par excellence. Je n’ai pas vu un téléphone fixe dans les services où j’ai été. Les appels professionnels se font via ce réseau, à n’importe quel moment de la journée.
Quand les étudiants lui appellent le taxi les jours où il se rend à 15min en voiture de l’hôpital pour s’occuper des problèmes d’infertilité, il les rembourse sur Wechat via la fonction « Hong Bao » à savoir les célèbres pochettes rouges qu’on donne à ses enfants au nouvel an (remplies d’argent).
Quand votre copine fête son anniversaire, vous pouvez lui envoyer un HongBao avec de l’argent qui va directement dans son compte (ça m’a d’ailleurs super étonnée de découvrir ça en parcourant le fil d’actualité d’une acolyte rencontrée en voyage : elle avait fait des screenshots des pochettes virtuelles perçues par ses amis pour ses 28 ans, avec les montants qui s’affichaient en gros!)

Tout ce contraste entre l’aspect extérieur des rues, des constructions du pays (d’apparence souvent encore pauvre) et sa technologie intérieure (que ce soit les grosses villes ou les plus éloignées), c’est au final un peu le reflet de l’évolution de ce pays : l’aspect économique et pratique dépasse de loin l’aspect environnemental ou même esthétique de la vie courante. C’est foudroyant !

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