Journée type à l’hôpital (J1)

Mercredi 20 septembre, ça y est je débute le stage tant attendu ! J’ai trop hâte d’apprendre des choses !
A qq RUES de l’hôpital, je sens un effluve hyper odorant de plantes traditionnelles chinoises, je connais bien cette odeur. Impressionnant … Une chose est sûre, je suis au bon endroit.
7h50 tout le monde est déjà là, il y a une très grande majorité de filles (je dirais 90%) et les gens prennent leur petit déjeuner ici, ou en marchant dans la rue (c’est très souvent une galette, un bun… bref du salé).
8h, tout le monde se tient debout devant l’accueil du service, et chacun a sa place : mon tuteur (Professeur Su, médecin) et la chef des infirmières devant le tableau en face des deux porte-paroles (infirmière et médecin), puis les infirmières et les médecins face à face en rang d’oignon, ce qui forme une sorte de carré parfaitement maitrisé où chacun a les pieds et les mains joints.
Les porte-paroles se mettent à débiter tellement vite que je me les imagine participer à un concours du débit le plus rapide dans les termes médicaux les plus fourchus. Du coup je ne saisis que les numéros des chambres de leurs patients et je me retiens de bailler malgré ma fatigue.
8h30, le Pr Su doit se rendre comme 3 demies journées par semaine dans une clinique dédiée aux femmes ne parvenant pas à procréer. Mais il est 8h45 et il est toujours kidpappé par ses patients. Une interne vient également avec nous, elle se charge du taxi en tapotant sur son appli, lui dit lorsqu’il appelle qu’on est en train de descendre alors qu’on ne descend pas et voyant que le Pr n’est toujours pas prêt, finit par l’annuler dans le stress, mais sans le lui mentionner. Le taxi arrive et elle lui dit de vite continuer sa route jusqu’au niveau du Pr, nous, on ira courir derrière. Je me souviens comme les étudiants de mon père réagissent à sa venue, et je me dis qu’il va falloir que je me remémore tout ça afin de ne surtout pas faillir à mes devoirs de stagiaire respectueuse. L’angoisse.
9h15, nous arrivons et je comprends qu’il n’y a pas de rdv. En Chine, les patients viennent (hôpital, clinique ou cabinet) et attendent leur tour. Il y a souvent un système de tickets, un peu comme quand j’allais à Tang Frère pour retirer le morceau de viande que ma mère voulait ramener. Les femmes défilent et se postent dans une même salle (d’environ 7 lits) et le Pr les piquent. Pour celles qui ont dépassé les 15j des dernières menstruations, on passe de l’acupuncture sur le dos à sur le ventre (et plus ou moins d’aiguilles selon la période).
Je ne pensais pas que les aiguilles s’enfonçaient aussi profondément (à vrai dire je détourne toujours le regard dans ce genre de situation), ça fait froid dans le dos !
En passant dans le couloir, le Pr me dit que la jeune dame à qui on vient de dire bonjour elle est tombée enceinte suite au traitement.
Je remarque facilement une chose évidente, c’est que tout le monde l’aime, et que partout où il va, les salles rayonnent de joie. Il rigole tout le temps, plaisante avec ses patients, s’intéresse à leur vie, il n’y a presque jamais de blanc… Les gens viennent le voir dans le bureau comme dans un moulin et il les prend tout sourire sans faire de chichis. Les petits pleurent, hurlent, se débattent, tandis qu’il éclate de rire à côté sans jamais les laisser tomber. Quand les gens me regardent bizarrement, il dit très fort : c’est une française!! Et les gens me regardent encore plus bizarrement. Je ressemble pourtant pas à une française.
« Ah mais vous savez maintenant les français… »
Bref, le docteur dont tout le monde rêve, l’expert qui sait rester empathique !
12h, on mange un succulent repas préparé par une nounou à l’étage façon hyper familial. Je demande où payer, on me répond qu’on ne paie pas…
13h, on me dit que je peux rentrer faire ma sieste du midi, je reprends à 14h. Le rêve de toute une vie. Je ressors fraiche comme une hirondelle et retourne à l’hôpital en un battement d’aile.
14h. Tournée de chambres.
17h, il m’avait dit qu’ils finissaient à cette heure là, mais il n’est clairement pas l’heure de partir. 17h30, il m’avait peut être dit 17h30 en fait.
18h, tout le monde est encore là, qu’est-ce qu’il se passe…. Je me remémore un article (le tiens Héming) qui disait que les chinois ne partaient pas du boulot parce qu’il était l’heure de partir. Ils partaient parec qu’ils avaient fini ce qu’ils avaient à faire.. Parbleu je vais rester ici jusque minuit si je ne dis rien. Je n’ai plus rien à faire depuis un moment, ils sont tous sur leurs ordis. Ouf, j’aperçois le Pr qui me dit que je peux partir, en rigolant. Il a travaillé en Allemagne 2 ans, et sait comment ça se passe pour nous. L’heure c’est l’heure (surtout à l’hôpital).
Je rentre la tête remplie de questions, auxquelles j’espère obtenir le max de réponses avant la fin du stage !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s