Mon premier couchsurfing … ou comment j’ai pris mes jambes à mon cou

Lorsque mon auberge de jeunesse m’a annulé mes premières nuits à Hohhot, je me suis dit que c’était parfait pour passer ma nuit avec un(e) couchsurfer local avec qui je pourrais échanger plein de choses (ça c’était dans mon idéal).
La fille que j’avais contacté ne me répondant pas (je préférais quand même une fille paix à mon âme), je me suis rabattue sur un gars, qui avaient déjà une 10 aine de références positives sur son profil, le décrivant comme très chaleureux gentil attentionné et aimant le Majong. Je l’ai ajouté une semaine avant et on a discuté un peu sur wechat, tout semblait bien parti.
Le soir où je me suis rendue au partage de position qu’il m’avait communiqué, il m’avait prévenu qu’il lui fallait une heure avant que j’arrive car il n’était pas encore chez lui (pas de problème). Il me demande si je veux dormir seule dans un big appart, ou avec lui. Ca m’est égal.
Une fois arrivée (après avoir marché 45 min avec mes affaires sur le dos), il me dit qu’il lui faut encore 10min, et qu’il est désolé, que je peux l’attendre au portail ou avancer sans vraiment m’indiquer de chemin précis donc je préfère l’attendre au portail.
Le jeune gardien de la résidence me voit assise par terre et me prie de venir dans sa cabine m’asseoir convenablement, boire si j’ai soif etc.
Quand enfin le couchsurfer se présente dans la cabine après m’avoir repéré, il parait ultra gêné, je mets ça sur le compte de son retard et de l’inconnu, j’essaie de le mettre à l’aise mais ça ne passe pas, il a l’air ultra préoccupé.
On avance, et il me dit qu’il faut qu’on s’asseoit avant afin de discuter de l’endroit où on irait manger.
Sauf qu’on ne discute pas de ce qu’on va manger, et il a plutôt l’air d’essayer de gagner du temps. Je lui propose de monter chez lui poser au moins mes sacs et d’aller manger où bon nous semble, mais il est réticent, me dit qu’en fait ce n’est pas possible car son appartement n’est pas prêt.
Comment ça pas pret? Il y aurait des amis chez lui, que c’est bruyant. Ce n’est pourtant pas important… Mais il préfère attendre qu’ils partent, chose qui ne devrait pas tarder à arriver. Je le presse un peu (les moustiques commençant à faire leur apparition autour de ma peau), et afin de lui faire passer l’ultime test, je lui déclare que ma tante vient me chercher le lendemain et qu’elle a besoin de l’adresse exacte et l’heure à laquelle venir (fait véridique).
Il réagit plutôt bien en me disant qu’il me l’envoie tout de suite par texto, jusqu’à ce qu’il ajoute que les voitures n’étant pas autorisées à entrer dans la résidence, il faudra qu’elle passe par l’entrée sud… là-bas. Je n’ai donc pas l’adresse exacte, le numéro de batiment. Par instinct de survie je l’envoie quand même illico à ma tante qui me répond ok, je viendrais te chercher demain.
Pendant ce temps je l’entends qui me dit qu’il faudra que je dorme seule dans cet appartement ce soir, sans expliquer pourquoi. Puis l’air de rien, il continue à me poser des questions, à chercher de la matière à discuter, mais je ne l’écoute plus, j’ai la tête pleine de scènes type TAKEN ou THE GRUDGE, et je m’imagine mille et une choses qui pourraient m’arriver si je restais seule dans cet appartement.
Je reste quelques minutes de plus à le scruter, ses mains tremblent quand il tapote sur son portable, et il se tourne légèrement de biais pour le cacher.
MERCI aux thrillers d’épouvante que j’ai pu regarder dans ma jeunesse : je me lève et lui annonce que je vais dormir ailleurs, que ce sera mieux ainsi car j’ai clairement l’air de le déranger. Que je vais appeler ma tante pour dormir à l’hôtel à coté de chez elle comme elle me l’a proposé des dizaines de fois, redoutant les conditions dans lesquelles je serais en auberge.
La suite se passe un peu comme dans une séquence épouvante accélérée, et je n’ai qu’une envie c’est sortir de ce film et courir. Je marche plus vite, je l’entends recevoir un appel, je n’arrive pas à entendre suffisamment de mots clefs pour savoir qui c’est, je me dirige vers la sortie de la résidence, et je lui dis au revoir. Il insiste pour que je reste, mais ne sait pas quoi dire pour. Je me réfugie dans la cabine du gardien, où il me rejoint pour me demander si je suis bien sûre. Je finis par lâcher tu es tellement louche mec!! Merci au revoir. Vexé (pour de vrai ou pour de faux allez savoir) il s’en va enfin. Je souffle. Je tente d’en faire part au gardien qui ne m’écoute qu’à moitié, il me dit qu’il me trouve vraiment super mignonne. … Serait ce un cauchemar éveillé? Malheureusement je ne crois pas, et ma batterie indique que je suis bientôt à court. Je n’arrive pas à manier Baidumaps aussi bien que mon cher Googlemaps, ni même Bing de malheur pour chercher un hôtel, le gardien continue à me parler, je l’écoute à moitié, il faut que je traduise les caractères chinois pour les entrer dans les champs de recherche… Tiens il peut m’aider, je le sollicite entre deux passages de résidents. Je vois passer un éclair. Il commence à pleuvoir, le vent souffle tellement fort qu’il parait difficile de marcher sans se faire déporter. Impossible de trouver le numéro de l’auberge que j’avais réservé en France et finalement annulé.
Soudain, je me souviens avoir quand même reçu un mail de confirmation, je cherche dans ma boite mail et tombe sur leur adresse (bien entendu mauvaise) ainsi que leur numéro. Je pars sans demander mon reste, le gardien se fait réprimander par son collègue pour m’avoir accueillie et je chope un taxi. Je tente de lui expliquer où je vais mais je ne reconnais pas un ou deux caractères et bute. Il s’impatiente (les chinois ne se gênent pas pour rouspéter si tu es un peu trop d’haute tens’), et ce coup de stress active ma vessie, je vais me pisser dessus si ça continue. Je lui dis que je ne peux plus réfléchir j’ai beaucoup trop envie d’aller faire pipi que c’est atroce (à l’entendre ça fait un peu gag). Pris de pitié, il m’emmène aux toilettes les plus proches (merci aux 50 toilettes publiques qui bordent les rues en Chine) et me dit de laisser mes affaires dans sa voiture, il ne risque pas de partir… il me montre sa plaque et me prie de l’enregistrer. Film d’horreur ou bonté personne?
L’adresse est mauvaise et on tourne inlassablement, le compteur également. Est-ce qu’il fait exprès… ?
NON OUF, c’est une bonté de personne et on arrive à l’auberge où il me souhaite bonne chance.

Pauvre fille, qu’il a du se dire…

 

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